Mars 2004 - N°3
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Société
Élections cantonales :
MARS : AUX URNES, CITOYEN !
Il y avait longtemps. Depuis les présidentielles et les législatives, on ne nous avait rien demandé. Ce mois de mars va renouer avec la tradition républicaine de la consultation populaire. Mais comme ceux qui nous gouvernent ont considéré
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que nous étions trop nombreux à préférer la pêche à la ligne plutôt que les dimanches électoraux, on nous a regroupé deux élections en une. Tout au moins pour la moitié des cantons de France. Comme c'est le cas pour le canton de Saint-Tropez. Les dimanches 21 et 28 mars, nous sommes donc invités à voter pour le renouvellement du poste de conseiller général de notre canton, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, en même temps que pour les conseillers régionaux, au scrutin de liste. Cette seconde élection, bien que très médiatisée et d'un enjeu évidemment national, intéresse bien moins, par le flou de la liste de ces gens qui seront élus mais ne nous représenteront pas directement, que l'affrontement direct des candidats que l'on connaît tous, ou à peu près, pour les voir papillonner depuis longtemps dans le golfe de Saint-Tropez.

Les modalités du vote

Il n'est sans doute pas inutile de faire un peu d'instruction civique pour nos lecteurs, bien trop accaparés par les soucis de la vie quotidienne pour mémoriser les usages électoraux. D'autant qu'ils viennent de changer un peu.

Pour pouvoir se présenter aux élections cantonales il faut :
  • être inscrit sur une liste électorale en France, c'est à dire avoir la qualité d'électeur ;
  • être domicilié dans le département dans lequel on se présente, ou y être inscrit au rôle d'une des contributions directes au 1er janvier 2004 (c'est ce que Le Pen n'avait pas) ;
  • avoir 18 ans au plus tard le 21 mars 2004 ;
  • ne pas être candidat dans plus d'un canton ;
  • ne pas être dans l'un des cas d'inéligibilité mentionné aux articles L 194-1 à L 204 du code électoral.
Bien entendu, les élections ont lieu le dimanche, et le second tour a lieu le dimanche suivant le premier tour, alors que pour les présidentielles et les législatives ce délai est de quinze jours.
Dans la plupart des villes, en tout cas pour les 7 communes du canton : Saint-Tropez, Ramatuelle, Gassin, La Croix-Valmer, Cavalaire, Le Rayol-Canadel et La Mole, le scrutin est généralement ouvert de 8h à 18h, sans interruption.
Quant à la capacité pour les candidats de pouvoir se maintenir au second tour, on entend tout et n'importe quoi, y compris de la part des candidats qui se prennent les pieds dans le tapis en mélangeant les scrutins. Pour les cantonales, un candidat peut se maintenir au second tour, s'il a obtenu au 1er tour un nombre de voix au moins égale à 10% du nombre des électeurs inscrits, (et non des votants). Si aucun candidat n'obtient ce score (c'est rare mais arithmétiquement possible si les candidats sont très nombreux), ou si un seul candidat l'obtient, les deux candidats arrivés en tête peuvent se présenter au second tour.

Une campagne en sourdine

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Pour la première fois depuis de longues années, on ne voit pas de tracts sur les pare-brise et d'affiches au coins des rues. Diable ! Les hommes politiques seraient-ils devenus frileux ? Que non point. Il s'agit en effet pour eux, depuis cette année, de respecter la nouvelle loi sur la publicité de leur candidature et le cadre officiel de la campagne, qui s'ouvre le lundi 8 mars à 0h, pour le 1er tour, et le lundi 22 mars à 0h, pour le second tour. La campagne, lors de ces deux tours peut s'arrêter seulement la veille au soir, à minuit. Autrement dit, jusqu'au samedi 20 mars à minuit et au samedi 27 mars à minuit, on pourra tenir des réunions publiques (on croit généralement, à tort par conséquent, que ce type de réunion doit s'achever le vendredi soir).

Mais la raison de la grande retenue des candidats, tient essentiellement au contenu des articles L 211 et L 215 du nouveau code électoral. Ils disposent :
  • « l'impression et l'utilisation, sous quelque forme que ce soit, de toute circulaire, tract, affiche et bulletin de vote autres que ceux autorisés sont interdites. Quiconque aura enfreint cette interdiction sera puni d'une amende de 3 750€ et d'un emprisonnement d'un an ou de l'une de ces deux peines seulement ». Bigre ! Voilà évidemment qui refroidit actuellement l'ardeur des candidats, car une condamnation pour ces faits entraînerait « de facto » une perte de l'élection pour le gagnant. En ce qui concerne « les affiches et bulletins de vote autorisés », il s'agit :
  • d'une seule profession de foi par tour de scrutin, sur un feuillet simple d'un format qui ne peut dépasser 210x297 mm (on peut les imprimer en couleurs, mais l'administration rembourse seulement le prix du noir et blanc) ;
  • de l'impression des bulletins de vote qui reste à la charge des candidats, d'un format ne pouvant excéder 74x105 mm. Il ne pourra y avoir plus de deux fois le nombre des électeurs du canton, en bulletins de vote, plus 20% . Soit pour les 17.173 électeurs du canton, un nombre de bulletins de 43.276 ;
  • d'annonces dans les journaux pour solliciter les dons ;
  • de l'utilisation de l'Internet, qui vient de faire son entrée dans la législation sur la propagande électorale. On retiendra de cette législation que « les candidats peuvent créer leur site Internet ». Mais qu'ils ne peuvent, trois mois avant l'élection donner au public un numéro d'appel gratuit, il faut que la connexion soit payante au moins par le paiement de la communication téléphonique. En revanche, on notera que si la propagande est interdite dans la presse et l'audiovisuel, le Conseil d'Etat a estimé que la propagande électorale sur Internet était valable même le jour du scrutin à condition que les messages diffusés n'aient pas été modifiés depuis la veille à minuit. Quant aux dépenses elles doivent, comme les autres, figurer au compte de campagne.

Cinq candidats

Une seule chose est certaine : cette fois encore le fauteuil de conseiller général du canton de Saint-Tropez ne restera pas vide. A l'heure limite des déclarations de candidatures en Préfecture, cinq candidats se sont inscrits :

  • Louis Foucher, maire de Cavalaire, pour l'UMP majoritaire au sein de l'Assemblée départementale, qui fut déjà naguère conseiller général de ce canton, et qui veut se faire administrer une piqûre de rappel alors qu'il a déjà beaucoup à faire avec son mandat de maire ;
  • Alain Spada, conseiller général sortant, théoriquement sans étiquette puisqu'il ne peut avoir l'investiture de l'UMP déjà attribuée à Louis Foucher, mais qui, une fois élu, comme de 2001 à 2004, siège curieusement avec la majorité de droite. On le classera donc des les divers droit (Dvd) ;
  • Annick Napoléon, conseillère municipale de Cavalaire, sans étiquette, ou plutôt avec l'étiquette Napoléon, car, sans illusion pour les cantonales, elle se prépare pour les municipales de 2007. Dans le cadre des apparentements terribles, il est évident que le slogan « Votez Napoléon ! » ne manque pas d'allure ;
  • Jean-Louis Bouguereau, renvoyé à la corne une fois de plus, alors qu'il siège déjà au Conseil régional et a été battu à trois reprises dans ce canton qu'il n'habite plus qu'épisodiquement (il a loué un logement à Cavalaire). Cette fois encore il peut espérer jouer les trouble-fête en se maintenant au second tour pour une triangulaire à laquelle tout le monde est maintenant habitué ;
  • Pierre Daspre, éternel candidat du parti Communiste, qui, tel un bon boy-scout, répond « toujours prêt ! »
On notera la défection brutale de Bernard André , candidat des Verts jusqu'au dernier moment, qui n'est pas allé se déclarer en Préfecture. Il a donc jeté
pose panneaux electoraux
Salle Jean Despas
(jeudi 4 mars 04)
l'éponge, sans un mot, avant la bagarre. Du coup, il accentue le désert d'une gauche en pleine débâcle dans le golfe, alors qu'elle tenait naguère encore le haut du pavé. Orphelin, l'électorat de gauche ira sans doute à la pêche à la ligne le 21, quelques uns préférant sans doute Alain Spada à Louis Foucher et Jean-Louis Bouguereau, le 28 mars.
Dans ces conditions, il est clair que le combat va se circonscrire entre Alain Spada, Louis Foucher et Jean-Louis Bouguereau. Mme Napoléon n'a pas de chance véritable, mais son report de voix va lui donner de l'importance en la plaçant en position d'arbitre. Plutôt en concordance de vues avec Alain Spada, elle pourrait appeler à voter au second tour pour le candidat sortant, qui bénéficiera aussi de l'apport de quelques voix de la gauche modérée qui, dans le golfe a appris à se contenter de peu, chantonnant, sur un air déjà connu, « plutôt Spada que Foucher », la droite plutôt que la droite UMP. En revanche, Louis Foucher fera le plein de ses voix dès le premier tour, mais l'écart en sa faveur avec ses adversaires est tel qu'il peut attendre avec une certaine sérénité. En fait, qu'on le veuille ou pas, l'UMP est majoritaire dans toutes les communes du canton. Alors...

Mais n'oublions pas, comme nous l'a dit un jour un expert indiscutable, qui s'appelait Gaston Defferre : « En politique, rien n'est jamais définitif ! ».

Pierre Nembrini

LES RESULTATS DE 1998

1er tour des cantonales du 15 mars 1998
Inscrits : 15 436 - Votants : 9054 - Exprimés : 8686 (Abstentions : 41,34%)
J.M Couve (RPR-UDF) : 4194 (48,28%)
J.L Bouguereau (FN) : 2309 (26,58%)
René Basse (PS) : 1771 (20,38%)
Gilbert Forzani (PC) : 412 (4 ,74 %)

2è tour des cantonales du 22 mars 1998
Inscrits : 15 436 - Votants : 8379 - Exprimés : 8174 (Abstentions : 45,72%)
J.M Couve (RPR-UDF) : 3975 (48,62%) ELU
Jean-Louis Bouguereau (FN) : 2203 (26,95%)
René Basse (PS) : 1996 (24,41%)

(Certes, à la suite de la démission de J.M Couve en 2001, touché par la loi sur le non cumul des mandats, une élection cantonale partielle avait eu lieu, portant Alain Spada au poste de Conseiller général. Les résultats ne furent pas significatifs à cause de nombreuses candidatures farfelues et un taux d'abstentions épouvantable, se situant autour de 70%. Nous nous en tenons donc aux cantonales de 1998 pour toute comparaison).