Décembre 2003 - n°0
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Politique
Cantonales 2004 :
UN COMBAT FOUCHER - SPADA ?
Les élections cantonales pour le canton de Saint-Tropez (le canton de Grimaud sera renouvelable dans trois ans) auront lieu en mars 2004 et seront couplées avec les élections régionales.

Pour les sept communes de ce canton (Saint-Tropez, Ramatuelle, Gassin, La Croix-Valmer, Cavalaire, Le Rayol-Canadel et la Môle*), un certain nombre de candidats seront en lice, chaque grande tendance politique nationale étant généralement représentée.

La gauche aura certainement ses candidats, encore que PS, PC et Verts tenteront, faute de candidats évidents pour chaque formation politique, d'aller unis à la bataille. « L'union » ne sera donc pas la véritable motivation de ce rassemblement, mais on fera « comme si » et ce sera bon pour l'image. D'une façon générale, la gauche aura peu de chance d'emporter l'élection. Une constante depuis les années 80, depuis le dernier mandat socialiste au poste de Conseiller général d'Albert Raphaël, maire de Ramatuelle. Il est vrai qu'à l'époque, Edouard Soldani régnait encore sur l'assemblée départementale...

Bien différente sera l'ambiance à droite. Il faut en effet s'attendre à quelques moments de franche gaieté dans le combat qui opposera le candidat sortant, Alain Spada, à son challenger le plus sérieux, Louis Foucher, maire UMP de Cavalaire.

Plusieurs raisons seront à l'origine de l'opposition, qu'on pressent relativement âpre entre les deux hommes.

La première tient à l'arrivée même d'Alain Spada au sein du Conseil Général. L'ancien maire de Saint-Tropez, on s'en souvient, n'a été élu que parce que son pire ennemi, le député-maire de Saint-Tropez, Jean-Michel Couve, titulaire de trois mandats, était tenu, selon la loi, d'en abandonner un. Il avait choisi de quitter l'assemblée départementale, pour conserver ses mandats à la tête de la cité du Bailli et au sein de l'Assemblée Nationale. Il commis cependant une erreur en quittant son mandat de conseiller général, trop vite, alors qu'il pouvait attendre que son élection de maire soit rendue définitive, puisqu'aussi bien, son opposition municipale avait intenté un recours en annulation devant la justice administrative. D'ailleurs, c'est ce que fit Hubert Falco, placé dans les mêmes conditions à Toulon. Le Secrétaire d'Etat aux personnes âges, qui n'est pourtant pas un grand stratège (ou plutôt il l'est à travers les conseils de Jean-Claude Gaudin), avait eu la sagesse d'attendre la décision de justice pour démissionner de l'assemblée départementale. Le temps pour lui de placer sur orbite son successeur. Un temps qui fit cruellement défaut au poulain de Jean-Michel Couve à l'époque, le maire de La Croix-Valmer, Pierre Bérenguier, obligé de bâcler une campagne électorale en quelques semaines. Un peu plus de temps lui eût permis de se propulser dans tous les milieux agissant du canton. Il dut son échec incontestablement au fait d'être assez peu connu dans plusieurs communes du Golfe.

La deuxième raison de l'opposition des deux candidats de la droite, tient précisément au clivage qui se fait de plus en plus nettement remarquer entre l'UMP et l'UDF. Certes, Alain Spada n'appartient pas officiellement à l'UDF, mais depuis 1989, (il était donc un précurseur) date de son élection à la mairie de Saint-Tropez, et son amitié pour François Léotard, il s'oppose au député-maire UMP (RPR à l'époque) un peu au nom du groupe politique cher à François Bayrou. Spada est un homme de droite certes, mais son inimitié avec Jean-Michel Couve rend impossible son passage, et même tout compromis, à l'UMP. Tout au moins tant que Couve sera aux manettes. Dès lors, il doit en découdre avec le candidat de l'UMP, en l'occurrence avec Louis Foucher.

Troisième raison d'un probable combat sévère Spada-Foucher : une hostilité grandissante entre les deux hommes. Le maire de Cavalaire n'avait personnellement pas grand chose à reprocher à Alain Spada, au moment où ce dernier prit la succession de Jean-Michel Couve il y a trois ans. Il se trouve qu'assez rapidement, Alain Spada qui a de la mémoire et de l'esprit politique et polémique, a compris que Foucher serait son adversaire des prochaines cantonales. Cela fait donc des mois qu'il chasse sur les terres cavalairoises et que, sa nature profonde restant la plus forte, il n'a pu s'empêcher de « sucrer » au Conseil général, quelques subventions auxquelles Louis Foucher tenait beaucoup pour sa ville. Du coup, le maire de Cavalaire en a conçu une très vive contrariété et il s'engagera dans cette campagne électorale avec le mors aux dents. Connaissant le caractère d'Alain Spada, qui est tout ce qu'on veut sauf craintif, le combat, nous le disions en introduction, devrait donc nous réserver quelques bons moments.

En ce qui concerne ce que nous disions à l'instant sur la mémoire de Spada, rappelons brièvement ici que Louis Foucher fut déjà Conseiller général,
représentant du canton de Saint-Tropez, mandat qu'il obtint à la fin des années 80, contre... Jean-Michel Couve. Si nos souvenirs sont d'ailleurs toujours bons, il nous souvient qu'alors la maire de Cavalaire fut assez ravi de cette victoire...

(Rappelons également que le maire socialiste de Ramatuelle, Albert Raphaël, avait été battu au premier tour par les deux candidats de droite, de façon significative par Louis Foucher, mais d'une poignée de voix à peine par Jean-Michel Couve. Ce qui avait fait dire à certains militants socialistes à l'époque, que s'ils avaient voté Couve au premier tour, Raphaël aurait été présent au second, et aurait sans doute battu Foucher « avec l'appui » d'une partie de l'électorat couviste. En somme l'histoire du 21 avril de Jospin s'était déjà produite dans le canton de Saint-Tropez).

Voilà donc dans quel contexte s'annonce la campagne pour les élections cantonales de mars 2004, pour le canton de Saint-Tropez.

Reste à savoir ce que le canton y gagnera. Nous ne manquerons évidemment pas de tenir les lecteurs du « Web'Zine » informés.

Pierre NEMBRINI


* De nombreux lecteurs se demanderont pourquoi la commune de La Mole (sans accent circonflexe sur le « o ») fait partie du canton de Saint-Tropez alors qu'elle se trouve à proximité de Cogolin. Il s'agit en réalité d'une question de découpage des cantons, réalisé à une époque où la commune du Rayol n'existait pas. Le lieudit « le Rayol » était seulement la façade maritime de La Mole. Dès lors, dans la continuité de Cavalaire, La Mole était à sa place dans le canton de Saint-Tropez. Lorsque la commune du Rayol s'est créée, il n'est pas apparu raisonnable de faire passer La Mole dans le canton de Grimaud, ce qui eut réparti la population d'un même village dans deux cantons différents, ayant donc des représentants et des intérêts différents. Ce qui, bien sûr, n'était pas le cas.

° Accessoirement, on peut également conclure de tout cela, que le redécoupage des cantons ne semble pas préoccuper outre mesure les ministres de l'Intérieur, au contraire toujours très prompts à redécouper les circonscriptions législatives des députés, en faveur de leurs amis politiques (Gaston Defferre, Charles Pasqua...)