St Tropez webzine saint tropez
Culture
Portrait :
EMILE OLLIVIER, REPUBLICAIN ET NAPOLEONIEN
Lorsqu'on parle d'Emile Ollivier, peu de personnes, même à Saint-Tropez, savent de quel personnage on évoque le souvenir. Il fut pourtant chef du gouvernement de la France, mais sans doute trop brièvement pour laisser une trace durable dans la mémoire collective. Il passa cependant de nombreuses années au château de la Moutte qu'il fit bâtir, sur ce territoire de Saint-Tropez alors inconnu, très à l'écart du village.

Emile Ollivier aimait le sud de la France où son père, Démosthène, fut un petit négociant qui fit à Marseille de la politique et du journalisme, qui fut également fondateur du parti républicain dans la grande cité phocéenne, et franc-maçon, membre du Suprême Conseil de France où il atteint le 18è des 33 degrés du Rite Ecossais.

C'est donc tout naturellement au bord de la grande bleue qu'Emile Ollivier voulut, précurseur de tous les résidents secondaires de Saint-Tropez, faire construire sa résidence de repos. Ce serait le château de la Moutte, dans ce quartier lointain desservi seulement par un mauvais chemin de terre, où il passa finalement de nombreuses années et où il écrivit une bonne partie des 17 volumes de son Empire Libéral.

Au milieu du XIX è siècle, Emile Ollivier, bien que d'extraction modeste, su gravir les échelons de la « bonne » société, en passant par le barreau et la politique. C'est ainsi qu'il gouvernera la France en 1870, pendant sept mois, exactement comme plus tard un certain Pierre Mendès-France.

Maurice Aghulon dit de lui (*) : « Il fut un personnage exceptionnel à divers égards. Un homme d'Etat, manqué peut-être. Républicain puis napoléonien, mais convaincu d'être resté, dans l'un et l'autre choix, un libéral, il n'a réussi pour l'histoire qu'à être rejeté des deux camps. Le parti républicain le tient pour un renégat, et le camp bonapartiste a mis à l'écart ce porte-malchance, l'homme qui devait sauver l'Empire et qui l'achemina vers Sedan. En 1870, à quarante cinq ans, sa carrière politique est brisée pour toujours. Il lui restait à vivre quarante trois années encore ». Le raccourci de Maurice Aghulon est ajusté mais sévère. Car Emile Ollivier fut sans doute l'un des tout premiers « libéraux-populaires », aussi soucieux de favoriser l'entreprise privée que de protéger le peuple contre les excès du pouvoir de l'argent. Qui sait aujourd'hui parmi nous, que c'est ce libéral qui fit, en 1864, à la demande de l'empereur, voter la loi instaurant la « liberté de coalition », autrement dit et ni plus ni moins que le droit de grève ? Une loi qui correspondait à son caractère penché vers le social, le populaire. Nous sommes en 1864 donc, et Emile Ollivier trouvera dans cet épisode là, les raisons de son attachement à Napoléon III, « l'empereur social ». Tel fut, très brièvement, ce grand commis de l'Etat, mort en 1913, dont le tombeau a été érigé hors du cimetière marin de Saint-Topez, face à la mer.

web agency