Fevrier 2004 - n°2
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Société
Santé :
UN PÔLE DE SANTE MIRACULE
Après plusieurs reports pour cause de retard dans les travaux, le nouveau Pôle de Santé du Golfe de Saint-Tropez ouvre ses portes le 14 février à Gassin. Le ministre de la Santé, le marseillais Jean-François Mattéi, coupera un ruban symbolique qui, moralement, ne lui reviendra pourtant pas.

Depuis des décennies, en effet, la plupart des ministres de la Santé, ses prédécesseurs de droite comme de gauche, ont mené de nombreux assauts contre l'hôpital tropézien jugé trop coûteux. On se souvient des premiers coups
H
portés à l'hôpital par Mme Simone Veil (dans un gouvernement Chirac au temps de VGE) vers la fin des années 70, repris avec une certaine virulence par les ministres qui ont suivi. Heureusement, rien n'y a fait. L'hôpital a survécu malgré tout et le principal mérite de M. Mattéi aura finalement été de ne pas en empêcher la réalisation terminale. Il est vrai qu'entre-temps une sorte de « privatisation » est venue apporter une solution à la question du financement. De fait, et pour l'une des toutes premières fois en France (seul Carpentras a précédé Saint-Tropez en région PACA), un hôpital public et une clinique privée sont rassemblés dans une même structure, ce qui, on le comprend aisément, divise par deux les frais d'entretien et d'intendance. Reste, évidemment, que la part la plus rentable de l'hospitalisation des patients, la chirurgie réglée (c'est à dire la chirurgie programmable), est totalement confiée au privé, le public conservant, comme d'habitude, ce qui rapporte le moins, comme l'hospitalisation en médecine, la maternité, les urgences, l'accueil des grabataires en fin de vie et des miséreux. C'est là que les économies réalisées sur le fonctionnement devraient permettre d'assurer les dépenses médicales.

Il était rapidement apparu, lors des discussions préparatoires à l'union public-privé, que, d'une part, une structure hospitalière, la seule entre Hyères et Fréjus, était indispensable dans le Golfe, et que, d'autre part, le privé n'avait ni la vocation ni le goût, de se substituer à l'hospitalisation des pauvres et autres non bénéficiaires de la sécurité sociale. Ce fut le véritable salut de l'idée d'hôpital public.


Pour s'efforcer d'être juste, il convient, bien entendu, de saluer tous ceux qui se sont battus pour la sauvegarde du service public, depuis les syndicats et le personnel hospitalier, les médecins du Golfe concernés ou pas, c'est à souligner, jusqu'aux politiques pour une fois tous unis derrière le député-maire de Saint-Tropez, Jean-Michel Couve. Même si ce dernier avait initialement enfourché un mauvais cheval en voulant conserver à tout prix l'hôpital à Saint-Tropez. Son réalisme politique s'était aussitôt ressaisi lorsqu'il était apparu que le choix serait limité à la structure public-privé ou à rien du tout. Il s'est d'ailleurs déjà consolé à la perspective de l'utilisation des terrains libérés par l'hôpital en plein coeur de Saint-Tropez, sur lesquels il pourra bâtir les logements sociaux qui font si cruellement défaut aux Tropéziens. Dans ce combat pour le Pôle de Santé, il n'est pas extravagant de féliciter également la Générale de Santé, à laquelle appartient la clinique, qui a fait plusieurs concessions pour permettre des négociations fructueuses, notamment quant au fait qu'elle ne sera propriétaire de rien et devra entièrement louer ses locaux au secteur public.

L'inauguration du Pôle de Santé, le 14 février, marque donc la fin d'une guerre de trente ans et le début d'une ère nouvelle pour les patients du Golfe de Saint-Tropez, dont la grande majorité appréciera son transport, en cas d'accident, vers un établissement ultra-moderne, situé dans une zone, celle de La Foux, rapidement accessible, alors que jusqu'à ce jour, surtout en été, elle risquait sa vie dans les ambulances montant à l'assaut de cinq kilomètres de bouchons, sur la seule route reliant La Foux à Saint-Tropez.

Pierre Nembrini


Quelques chiffres :

Le nouveau Pôle de Santé, habilement installé dans un environnement mis en valeur par les architectes, contient 14.750 m2 de bâtiments. Il comprend une centaine de lits dans le secteur public hospitalier (40 en long séjour, 15 en maternité, 34 en médecine, plus les lits du service des urgences, de surveillance continue et d'hôpital de jour), plus 75 lits en chirurgie privée, un service ambulatoire, plus un scanner, 8 blocs opératoires, une salle de réveil, un service d'urgence complet (pour le SMUR), des bureaux de consultation, et une plate-forme pour hélicoptères sur le toit. Côté emploi, on considère généralement qu'une cinquantaine d'emplois pourraient être, à terme, créés.