Décembre 2003 - n°0
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Saint Tropez
Gérard Oury :
DEUX PERMIS POUR UNE VILLA... SANS PERMIS

La récente décision de la Cour administrative d'appel de Marseille, concernant une villa du metteur en scène Gérard Oury, quartier de Capon à Saint-Tropez, n'a apparemment pas été bien comprise, donc relatée, par nos confrères journalistes. Ils ont généralement titré à propos de ce jugement : « Gérard Oury ne pourra pas modifier sa villa ». L'affaire n'est pas exactement celle-là.

En fait, sa villa, construite il y a plus de 20 ans et qu'il partage avec Michèle Morgan, Gérard Oury ne cherche pas à la modifier. L'affaire concerne une autre villa construite sur son terrain, pour sa fille, la scénariste Danielle Thomson.

Saint Tropez
Pour la construction de cette maison, Gérard Oury avait obtenu un permis de construire de la ville de Saint-Tropez, et il avait naturellement entamé les travaux, lorsqu'il était apparu à sa fille que l'esthétique globale de l'habitation n'était pas à son goût. Gérard Oury, décidait donc de déposer, par l'intermédiaire de son architecte Tropézien, une demande de permis modificatif de construire. Mal lui en pris. En effet, entre-temps, la ville qui planchait depuis des mois sur son nouveau Plan d'Occupation des Sols, adoptait ce nouveau POS qui, malheureusement pour Gérard Oury, plaçait son terrain en zone Nd, c'est à dire en zone inconstructible. Dès lors, et bien qu'accordé par la ville, le permis modificatif était attaqué au niveau préfectoral par ce qu'on appelle « le contrôle de légalité ». Le permis était ainsi cassé le 15 juillet 1999, par un premier jugement du tribunal administratif de Nice, confirmé comme nous venons de le dire par un arrêt de la Cour régionale administrative d'appel en octobre dernier. Qu'à cela ne tienne, dira-t-on, Gérard Oury possédait un permis initial, il ne lui restait plus qu'à revenir à ce permis et tant pis pour l'esthétique. Malheureusement encore une fois, la villa a été construite par anticipation en quelque sorte, en misant sur le fait que le permis modificatif serait accordé sans problème, comme le premier permis. Hélas trois fois, on l'a dit, le nouveau POS avait été adopté entre-temps. Consciente du préjudice qu'elle avait causé bien involontairement, la ville de Saint-Tropez s'est placée aux côtés du père de la Grande Vadrouille dans cette affaire car, nous a confié l'adjointe à l'urbanisme, Dany Alix, « tout cela n'est pas très juste pour Gérard Oury  qui, à l'origine, avait été en possession d'un permis de construire régulier ». Dura lex sed lex ! La loi est dure mais c'est la loi. Et elle s'applique à tout le monde.

Reste que Gérard Oury, en attendant toutes ces décisions qui prennent beaucoup de temps, a terminé la maison de sa fille en tenant compte des modifications souhaitées par cette dernière et que cette maison est aujourd'hui une villa sans permis de construire. Ce qui n'est pas dramatique tant que l'administration s'abstient de la faire démolir, ou que le propriétaire, mais ce n'est évidemment pas le cas pour le moment, désire vendre sa maison.

P. N